Hujambo,
Notre dernière semaine a débutée en force avec la première édition du tournoi de poker d’Hedaru, qui opposait les 5 gars du team. Après une chaude lutte, Sébastien et Vincent s’affrontaient lors du duel final et Vincent a su tirer son épingle du jeu pour remporter les honneurs. Mais ce n’est que partie remise car les 4 autres concurrents promettent de se reprendre lors d’une prochaine édition. Dimanche, l’équipe s’est scindée en deux, une moitié se rendant à la messe dominicale alors que l’autre tentait de gravir la montagne qui nous avait échappée lors de notre première tentative. Gabriel, Mélanie et Vincent se sont donc rendus à la paroisse des Brothers et ils ont bien apprécié leur expérience, surtout la partie où tout le monde danse en chantant. Marc, Mathieu et Sébastien ont quant à eux essayé l’ascension par un autre chemin, et après s’être informés de la route à prendre auprès de quelques villageois sans succès, ils ont eu la chance de tomber sur un montagnard qui parlait bien anglais. Après plusieurs heures de randonnée, nous sommes arrivés dans un petit village où tout le monde nous regardait avec curiosité et les enfants du village nous ont montré le chemin final jusqu’au sommet de la montagne. La vue était tout simplement géniale et nous sommes restés une bonne heure à admirer le paysage et à apprécier notre lunch.
Lundi, nous avons continué à poser de la brique et après quelques jours, nous avons dû commencer à utiliser des échafauds. Ces derniers sont construits de façon plutôt rustique avec des branches, mais c’est assez solide pour tout supporter et c’est la façon de faire ici alors ça va. Notre semaine a été plus courte qu’à l’habitude puisque nous prenions samedi de congé pour nous rendre à la plage. Lorsque nous avons quitté le chantier vendredi, la brique était au niveau du haut des fenêtres sur pratiquement toute la surface, et puisque l’entrepreneur continuait le travail samedi, nous avons bon espoir que ce sera terminé pour notre retour.
Samedi marquait donc notre départ vers Pangani, qui devait nous prendre entre 3 et 4 heures de route. Tout se déroulait rondement jusqu’à ce que nous arrivions à la route secondaire devant nous mener à destination. Il a commencé à pleuvoir assez intensément et puisque la route est de terre et pas très large, les choses se sont gâtées rapidement. Nous avions 42 kilomètres à effectuer sur cette route, et après seulement quelques minutes, il y avait un camion qui était garé le temps du chargement. Nous avons voulu le contourner afin de continuer notre route, mais en effectuant notre manœuvre, notre camion a glissé dans la boue et nous étions enlisés. S’il y a une chose qui n’est pas évidente, c’est bien de pousser un camion en sandales dans la boue! Il y a eu une cinquantaine de personnes du village qui sont venus nous voir avec intérêt et finalement nous devions être une vingtaine à pousser le camion, et bien entendu chacun avait son conseil à donner afin de sortir de là. Nous avons finalement réussi à pousser le camion sur la route et avons sagement décidé d’attendre que le camion parte avant de reprendre la route. C’était quand même rassurant de savoir qu’il restait seulement une quarantaine de kilomètres dans ce chemin boueux. Pour vous conter la suite de l’histoire, nous devons vous mentionner un détail important concernant notre camion : il ne démarre qu’en le poussant! Nous étions donc sur la route, une trentaine de minutes après notre premier incident, lorsque nous avons croisé une voiture en sens inverse sur le chemin étroit. Au moment où nous le passions, le moteur a étouffé avec deux roues hors du chemin et une autre dans un trou. Nous étions au beau milieu de nulle part, incapables de faire démarrer le camion, incapables de le pousser. Deux villageois qui passaient par là sont venus nous donner un coup de main mais nous étions vraiment pris. Une intervention divine a fait en sorte que 20 minutes plus tard une remorqueuse passait par là! En quelques secondes nous étions hors du trou et de retour sur la route. Arrivés à Pangani. Nous avons pris un traversier pour nous rendre de l’autre côté de la rivière, sur le côté sud. Selon nos livres sur la Tanzanie, il ne restait que 8 kilomètres avant de nous rendre à l’auberge que nous envisagions. Une heure plus tard, nous cherchions toujours comment s’y rendre, nous revenions toujours sur nos pas sans comprendre pourquoi et commencions à avoir moins d’essence. Nous avons croisé un Tanzanien sur une moto qui voulait nous guider jusqu’à l’auberge si on le payait, et à ce moment-là, nous voulions juste arriver à destination alors nous avons accepté. Nous avons également pu prendre de l’essence chez un fermier afin d’en avoir assez pour retourner au village de Pangani. Ça nous aura finalement pris 9 heures de route afin d’arriver à destination! Notre plan initial était de revenir le lendemain, mais avec tout ce qui nous était arrivé, nous avons décidé de rester deux nuits à l’auberge afin de profiter un tant soit peu du site. Le fait que nous habitions dans un endroit très aride et que nous mangions presque toujours les mêmes repas y est sûrement pour beaucoup, mais rarement a-t-on vu 6 Québécois aussi heureux de savourer leur souper avec une bière froide sur le bord de la mer! L’endroit est tout simplement enchanteur. Nous avons fait du snorkeling et joué au volleyball contre des Allemands. Bref, nous avons vraiment pu nous reposer et en profiter. Nous retournerons donc au chantier mardi matin, plus prêts que jamais à continuer notre ouvrage. Cette semaine, nous devrions faire le chaînage haut, couler les dix colonnes et terminer la brique jusqu’à la hauteur finale. Nous aurons probablement à nous rendre à Moshi à nouveau afin d’acheter le bois pour les fermes de toit.
À bientôt!